
Où le drame commença...
Mardi 1er décembre, je me rend à la réunion du foyer socio-éducatif de mon lycée (sorte d'association qui gère différents clubs et animations) qui arrive bien tard - cette réunion aurait effectivement dû être une réunion de nouvelle année. Or une réunion de début d'année à la fin du premier trimestre, ça la fout mal.
Je suis assis à une table avec un sandwich gentiment amené par un certain Hugo (pourquoi faut-il en plus que ça tombe sur l'unique heure disponible pour aller au réfectoire dans mon emploi du temps ?) et les élèves rentrent difficilement mais sûrement.
Enfin, la réunion commence : Bilans de l'année précédente, financier et éducatif, puis le nouveau projet est formulé. Et c'est ici qu'intervient votre serviteur entre deux bouchées d'un sandwich jambon beurre.
On demande s'il y a des idées de clubs qui n'auraient pas encore été évoquées, et voici, j'ai le cœur qui palpite ! Je vais parler en public ! « Je propose un club photo » Stupeur générale « C'est qui ce gonz' aux cheveux cradingues ? Ils ont la classe d'habitude les photographes ». Petite précision : je veux surtout former un club pour apprendre à développer/faire des tirages. Entracte.
À la fin de cette réunion, une demoiselle vint me dire que mon idée l'intéressait, mais pour faire du numérique. Alors un frisson me parcourt : c'est vraiment moins kiffant la photo numérique, mais pourquoi au fait ?
L'appendice photographique : l'appareil...
...Ou pourquoi préférer un appareil qui sent la moisissure à un qui sent le plastique chaud ?
Justement : imagine-t-on un appareil en plastique être encore en état de marche 30 ans après fabrication ? Bien sûr, ce n'est pas dans une logique de consommation que l'on se lance dans la photo argentique, à part peut-être pour la partie consommables (comme son nom l'indique). On utilisera des appareils semi-automatiques ou manuels (qui se laissent régler, et pas comme ces boitiers qui choisissent pour nous les paramètres relatifs au diaphragme et à l'obturateur par exemple).
On utilisera des appareils qui nous font être plus prêt du méchanisme réel de la photographie, pouvoir constater l'ouverture de l'obturateur, le déroulement de la pellicule (tout en la reniflant pour sentir l'odeur si particulière du nitrate d'argent).
NB: De ce côté-ci, la photographie argentique est une bénédiction pour le porte-monnaie : peut-on espérer trouver un appareil numérique d'une définition équivalente à 12 Mpixels à 30 euros ?
Et à l'instar de la période de noël pour un petit enfant, on trépigne d'impatience de voir les cadeaux que la lumière aura laissé sur la pellicule.
Le support : la pellicule et le papier
Un des avantages juteux de l'argentique sur le numérique est que l'agrandissement est possible sans déterioration de la qualité (phénomène de pixellisation sur une image numérique). Ainsi, partant d'un petit négatif de taille 24x36, on arrive à des photos d'une cinquantaine de centimètres de côté.
Et encore ici, tout ceci est palpable : une photographie sur papier et pellicule est plus attrayante que dans un dossier sur un disque dur.
Le domaine utérin : le labo photo
N'est-il pas un peu limitant de se contenter de récupérer ses photographies depuis une carte mémoire ?
Je suis de ceux qui pensent que c'est bien plus amusant d'ajouter une étape entre la prise de la photo et sa vue. On enroule la pellicule dans la cuve, on verse tour à tour les produits dedans et on touille délicatement, on laisse sécher, on découpe la pellicule par tranche de trois ou quatre négatifs, et on aura à répéter des opérations analogues lors du tirage sur papier.
Et ce calme, cette obscurité, ça change du ventilo du PC non ? C'est aussi une bonne occasion pour s'éloigner de son clavier lorsqu'on est un geek.
Le résultat : la photo
La voici, notre série de 12, 24 ou 36 photos. Vous trouvez que certaines sont râtées ? Peu importe. À l'image d'un album de musique, c'est la série de photo qui est intéressante, et non pas une seule.
→ Point culture: un argumentaire en bonus ainsi que de magnifiques photos